Tsonga et la TB – L’Equipe 27 mai 2013

Chaque année, ma relation à la terre de Roland est plus forte. Elle n’a plus de mystère pour moi. 

« Mon premier contact avec la terre battue remonte à mes toutes premières compétitions, quand je passais ma « balle jaune », j’avais huit, neuf ans dans mon club de Coulaines. Fouler la terre,   glisser sur la terre, j’adorais ça! Je trouvais ça spectaculaire…
Je plongeais tout le temps, je me jetais partout, je faisais la  totale! Sur dur, ça faisait trop mal. Ce premier contact a donc été  très positif. En grandissant, j’aimais beaucoup quand arrivait la  saison sur terre battue mais le paradoxe, c’est que ce n’était pas  là où j’étais le plus performant. La terre battue était à la  fois mon amie et mon ennemie.

Aujourd’hui, si la terre battue était une personne, je pense que cela pourrait être ma femme parce que je me battrai toujours pour elle. Parce que je serai  toujours prêt à faire tous les efforts pour être bon sur cette surface, à tout faire pour elle. J’ai tellement envie de jouer là-dessus que je fais tout ce que je peux pour être meilleur, côté corps, technique, matériel.. Tout le monde me voit gagner plutôt ailleurs alors que la terre est la surface la plus importante pour moi, celle où les victoires comptent le plus. C’est pour cela que j’ai fait des sacrifices. A peine une semaine avant Roland-Garros 2009, j’ai changé de raquette uniquement pour devenir plus performant sur terre, quitte à être moins fort ailleurs. Et, du jour au lendemain, j’ai fait huitième à Roland alors que je n’avais presque jamais passé un tour ici avant (défaite en quatre sets contre Juan Martin Del Potro).
La couleur de la terre, je trouve ça magnifique! Pour moi les courts en terre sont les plus beaux. Avec le gazon, c’est la surface qui représente le mieux le tennis. Sa couleur un peu mate reflète le soleil différemment. Pour moi, ça joue énormément. Cela calme les yeux, surtout pour moi qui confond le vert et le bleu. Voir les traces laissées par la balle, c’est génial! Cela rajoute du piment au jeu, du suspense et une relation humaine entre le joueur, l’arbitre et le public. C’est important qu’on puisse échanger, qu’il y ait des émotions, alors que parfois le tennis peut paraître aseptisé. La terre rend les choses plus humaines. C’est ça le sport. Et puis j’aime bien regarder mes traces de pas, mes plus belles glissades. La terre n’est pas fragile, elle est incassable. En même temps, elle est souple, elle t’accompagne. Il n’y a rien de plus beau qu’un revers, ou un coup droit en bout de glissade, ou bien un chop d’attaque. Pff…on a l’impression que ça coule. La terre battue magnifie le jeu et visuellement te récompense d’un beau geste.

Je trouve que la terre de Roland-Garros a plus  de personnalité que celle des autres
tournois. A Monte-Carlo, par exemple, c’est une terre imprévisible, fougueuse, passionnelle, avec parfois des faux rebonds. A Roland, elle est beaucoup plus belle, plus vive, plus jolie. Comme on dirait d’une Parisienne, elle a du chien, elle est fine et élégante… Ma femme idéale, c’est la classe, voilà, c’est ça. Et la classe, ce n’est pas seulement de l’apparence. ».

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